Des nouvelles d'une Pauline ailleurs. Des contacts avec ceux que j'aime. Une ouverture sur le monde.
La rosée n'arrête pas le pèlerin, ni la randonneuse.
Ce n'est pas de la rosée mais un sombre orage intimidant qui roule sa colère, gronde contre moi, tambourine de grosses gouttes sur ma cape et ne me rassure guère.
Je monte au col de Saint-Pierre d'un bon pas, pour faire comme si je n'entendais pas son fracas courroucé.
Même pas peur !
Un jour, un randonneur m'a dit "Si tu marches en forêt, sous l'orage, tu serres les fesses et tu accélères !".
Je suis donc fidèlement sa recommandation.
Et j'arrive devant Saint Pierre, saine et sauve !
La pluie s'arrête.
Le tonnerre fait encore quelques réflexions, puis se tait.
Le silence s'empare du panorama et me saisit.
Je viens de gravir la dernière montée du chemin.
J'aperçois l'ultime descente abrupte et caillouteuse sur Saint-Jean-du-Gard.
Un "je ne sais quoi" me serre alors, la gorge et des perles s'arrondissent au coin de mes yeux, des restes de la pluie sans doute !
Ma sensibilité est en alerte et mes sentiments bouillonnent.
Je marche de long en large, sur la route du col.
J'ai du mal à me décider à attaquer la plongée vers cet inévitable épilogue.
Je me remplis alors, d'une longue et lente gorgée d'air.
Mes bourdonnements d'émotion retombent.
Tout en moi reprend sa place et un sourire illumine mon visage.
J'ai réussi à marcher jusqu'au bout de mon chemin et tout n'a été que joie, efforts, harmonie et bonheur.
A nous deux, Saint-Jean-du-Gard !
La Bergerie, le long du Gardon, l'église et la Maison Rouge (filature) de Saint-Jean-du-Gard.